Discours en hommage de Maurice Bergeret - 20/02/2019
A l’école, on prend un enfant innocent et on le prépare à un être un adulte adapté au système.
Alors qu’on devrait s’attacher à la spécificité de chacun et non chercher à standardiser les êtres comme le fait l ‘enseignement ordinaire.
L’école devrait aider l’enfant à se connaître, à déterminer et affirmer sa propre nature, elle devrait favoriser son accomplissement avant de chercher à lui asséner un savoir arbitraire.
En fait on semble ne se préoccuper que des aptitudes de l’enfant, sans s’intéresser à son âme, à son esprit.
Il doit apprendre à « gagner sa vie ».
Naître ce n’est pas juste sortir du sein de sa mère.
Nous continuons à venir au monde tout au long de sa vie.
Tous les enfants sont dotés des mêmes attributs. Cependant, ils naissent dans une société particulière à laquelle ils devront s’adapter par une éducation déterminée. Au demeurant rien n’empêche de promouvoir partout une forme éducative et pédagogique qui abolisse la compétition au profit de l’émulation, de la solidarité, de l’associativité, de l’équilibre et de la complémentarité.
Une éducation cultivant l’émerveillement, préservant de l’envahissement des écrans pour une société plus conviviale et solidaire.
Frère Bergeret était animé par une intelligence considérable, une connaissance et une exigence pédagogique sans faille et sans fond, avec une idée très novatrice de la nécessité de transmission.
Il cultivait les initiatives en expliquant que c’était une expression clef de la liberté car la créativité personnelle incarne une valeur fondatrice du changement. Il ne laissait personne indifférent et quel que soit notre opinion à son égard, il nous conduisait à aimer et à prendre soin. Il incarnait une certaine forme de dignité et une certaine forme d’honneur au service des autres, une certaine forme d’élégance intérieure que nous devrions cultiver.
Il ne s’agit pas pour Frère Bergeret de la noblesse de caste marqué par des postures dominatrices, il s’agit de la noblesse de cœur, qui je dois vous l’avouer est de loin ma préférence.
Frère Bergeret, merci pour tout, ne soyez pas trop sévère avec nous, nous nous sommes engagés à faire de notre mieux dans les pas de Marie, de Marcellin Champagnat, du Frère Pierre et maintenant dans les vôtres. Nous nous reverrons je l’espère, mais pas encore.