Marcher ensemble à la suite de Marcellin

Le 6 juin, nous fêterons Marcellin Champagnat, Fondateur de la congrégation des Frères Maristes. Mais cette année, ce sera de manière très différente de ce que nous faisions habituellement ; pas de grand rassemblement, pas de repas « autour de la même table ».

Peut-être que la situation que nous vivons est pour nous l’occasion d’honorer Saint Marcellin, certes dans la joie, mais d’un point de vue plus approfondi.

Dans nos communautés, dans nos familles, nous avons fait l’expérience d’un long temps de quarantaine. Nous nous sommes retrouvés plus proches les uns des autres, mais aussi nous avons dû repousser certaines de nos limites, accepter nos faiblesses. Les valeurs comme l'Esprit de Famille ou l’attention aux plus défavorisés ont été certainement ravivées.

Nous avons peut-être vécu des moments d’anxiété, de tristesse, de solitude, de désaccord avec ceux qui nous entouraient.

 Marcellin Champagnat n’a pas connu une situation telle que nous venons de la vivre, mais il a assurément vécu des choses semblables notamment à travers les conséquences de la révolution.

Alors, nous pourrions peut-être, nous demander, quels sont les éléments fondamentaux qui ont poussé Marcellin à ne pas se laisser paralyser par la peur, à garder la paix au fond de lui-même ?

 Voici trois aspects que nous livre le Frère Ernesto, Supérieur Général de l’Institut :

 Confiance. Marcellin, même dans les moments les plus difficiles, n’a pas douté un seul instant que sa vie et sa mission étaient l’œuvre de Dieu, l’œuvre de Marie. Jamais il ne s’est présen­té comme le réalisateur, l’auteur prin­cipal… il rapportait tout à la gloire et à la louange du Seigneur, se sen­tant son serviteur. Il a toujours vécu sous la protection maternelle de Marie et s’adressait à Elle fréquem­ment. Il l’exprimait dans un moment de crise : Marie, c’est ton œuvre… si elle disparaît, ce n’est pas notre œuvre qui disparaît, c’est la tienne, puisque tu as tout fait chez nous. Nous comptons donc sur toi, sur ton aide puissante; nous y compterons toujours (Cf. Vie, p. 96). Sa confiance en Elle ne se limitait pas à la sentir seulement comme une mère protec­trice : elle l’amenait à l’imiter, à chercher et répondre à Dieu à la manière de Marie. Dans mon message du 25 mars dernier, je vous disais : Marie du oui nous anime et nous accompagne. Comme elle, face à l’incertitude et la crainte, nous avons besoin de foi, de confiance, de passion pour Dieu et pour l’humanité, comme fondations solides pour aller de l’avant.

 Audace. Marcelin fut un homme qui a vécu avec attention pour découvrir la voix de Dieu à travers les événements. Il a ap­pris à lire les signes des temps. Et, dans la prière, après l’avoir cherché au plus profond de lui-même, il y répondait avec courage. Nous savons que tous ne l’ont pas compris, qu’il a été critiqué plus d’une fois. Il fut audacieux dans son engagement pour l’éducation et l’évangélisation des jeunes, en accor­dant la priorité aux plus abandonnés et en fondant un Institut à leur service. Il a encouragé les premiers frères missionnaires à partir au-delà des frontières, jusque dans les pays les plus éloignés… La simplicité, la solidarité, l’attention aux plus pauvres dans le besoin furent des caractéristiques dont il a fait preuve tout au long de sa vie. Son audace l’a mené à être ouvert et flexible pour donner de nouvelles réponses sans s’enliser dans des schèmes préétablis. Il s’inspirait de Marie, toujours attentive à répondre et à servir, comme elle le fit lors de la Visitation et à Cana.

 Fraternité. Marcellin, se sentant pleinement aimé de Dieu et appelé à réaliser son œuvre, n’a jamais voulu marcher seul. Il avança toujours en bâtissant la fraterni­té. Dès le début, il a eu l’intuition que le témoignage d’un groupe est toujours plus fort que celui d’un seul individu. Il fut audacieux pour regrouper et accom­pagner les premiers frères, en vivant au milieu d’eux et en renonçant à sa vie en paroisse qui aurait été plus facile. Il a entrepris la construction de l’Hermitage avec peu de ressources et il a mis ‘la main

à la pâte’ en travaillant avec les frères et les maçons. Il était convaincu que la mission pourrait être plus efficace et plus viable si elle était menée en communauté. C’est ainsi qu’il nous a légué un grand esprit de famille. « Cultiver l’esprit de famille fait partie de la vision authentique de Marcellin à propos de la fraternité. Rends-le visible en cultivant l’ouverture et la disponibilité, dans la communauté comme dans la mission. Contribue à créer un climat où chacun reçoit les encouragements et la vitalité dont il a besoin » (Règle de vie, 55). Il a insisté pour que nous formions une famille autour de Marie, la Bonne Mère, comme le firent les apôtres à la Pentecôte.

 Alors devant la situation que nous vivons aujourd’hui, posons-nous cette question :

Quels sont les éléments-clés de notre ADN Mariste qui pourraient nous aider à aller de l’avant ensemble ? Que me disent aujourd’hui la confiance, l’audace et la fraternité de Marcellin ?

 Bonne fête de la Saint Marcellin.

 « Avec toi Marcellin Pèlerin d’Espérance pour de nouveaux matins nous sommes la semence, avec toi Marcellin, bienheureux d’espérance, nous bâtirons demain le monde de l’enfance.»

 

 

Ce texte a été écrit d’après le message du Frère Ernesto Sanchez, Supérieur Général de l’Institut des Frères maristes à l’occasion de la Fête de la St Marcellin 2020.